Le principe de la révolution est bien connu : on se révolte contre l’ordre établi, on met les dirigeants sur l’échafaud, et on construit un nouveau système censé répondre aux aspirations d’un peuple en colère.

Dans le contexte professionnel, cette interprétation linéaire est, bien évidemment, un peu trop extrême. Toutefois, elle n’est pas complètement dénuée de sens.

L’intrapreneuriat agit comme un levier pour réorienter la stratégie de l’entreprise, faire évoluer l’état d’esprit et donner davantage de pouvoir et de liberté aux collaborateurs menant la fronde.

Quand la révolution se conclut sur une nouvelle gouvernance, l’intrapreneuriat commence avec une nouvelle structure.

Viva la revolución !

Qu’est-ce que l’intrapreneuriat ?

C’est une pratique qui consiste à développer un projet entrepreneurial au sein d’une entreprise ou d’un grand groupe.

Les intrapreneurs sont donc des salariés qui, par leurs parcours, leurs aspirations personnelles ou leurs envies, se lancent dans la création d’activités nouvelles à partir d’une idée sur laquelle l’entreprise décide d’investir.

Les intrapreneurs sont ainsi exfiltrés de leur activité quotidienne, profitent des ressources du groupe et disposent d’une grande marge de liberté pour travailler au sein d’un incubateur maison. 

Chez Nexity, grande société immobilière française cotée en bourse, l’initiative intrapreneuriale « start-up studio » existe depuis 2017. Chaque équipe dispose alors de quatre mois, de 60.000 euros et d’une personne à plein temps pour travailler sur la faisabilité du projet.

Pour l’entreprise, le but n’est pas d’améliorer le quotidien, mais bien d’inventer les métiers de demain.

Même son de cloche à la Société Générale qui souhaite inventer la banque de demain. Dans le cadre d’un grand challenge de l’innovation, plusieurs centaines de concepts sont présentés à la direction générale du groupe. Au final 60 ont passé l’étape de la sélection et les équipes lauréates disposent de 18 mois pour faire leurs preuves.

Pour y parvenir, les collaborateurs quittent alors leur travail quotidien pour se concentrer à 100% sur le projet intrapreneurial.

Une évolution ou une révolution ? 

Si l’intrapreneuriat est une évolution de l’innovation entrepreneuriale, c’est une vraie révolution en entreprise.

L’évolution peut se caractériser par les corporate hackers, les innovations incrémentales et les challenges corporate.

Ce sont des initiatives permettant d’amorcer un état d’esprit innovant pour évangéliser en interne. Si on ne doit pas attendre de grands changements, cela reste indispensable pour structurer sa démarche.

La révolution se trouve dans la démarche intrapreneuriale. Parce que les intrapreneurs peuvent réellement disrupter le fonctionnement de l’entreprise, la prise de risque est importante. Non seulement en raison des risques d’échecs importants (comme pour la plupart des start-up innovantes), mais également en raison de l’impact potentiel sur l’activité de l’organisation.

Miser sur l’intrapreneuriat, c’est accepter de se disrupter. C’est être prêt à se remettre en question, quitte à sacrifier une activité ou des habitudes de travail historiques pour mieux préparer le futur.

Comment gérer un programme d’intrapreneuriat ?

Il faut voir un programme d’intrapreneuriat comme un laboratoire interne qui est soutenu par l’entreprise mère qui l’héberge. Mais on ne lance pas ce type de programme en quelques jours.

En effet, il faut d’abord créer l’organisation, impliquer les personnes relais, s’assurer du soutien de la direction générale, définir un budget et organiser des espaces de liberté pour héberger les intrapreneurs.

Pour faciliter ce développement, et accélérer la détection des intrapreneurs, il est nécessaire de s’équiper des ressources nécessaires, tant sur le plan technologique qu’humain.

Car il faut être franc : l’intrapreneuriat ne fonctionne que si on peut exfiltrer les projets, les ressources et les porteurs de projet pour qu’ils puissent se retrouver dans une bulle sans les contraintes du grand groupe. Il faut aussi accepter que la plupart des initiatives n’aboutissent pas. Si le taux d’échec des start-up est très élevé, celui des projets intrapreneuriaux l’est tout autant.

Et c’est totalement normal. Seulement, c’est un fait que les grands groupes ne sont pas toujours prêts à accepter.

Pour fonctionner, l’intrapreneuriat devrait donc fonctionner comme un système de capital-risque interne avec une dotation conséquente. L’entreprise consacre alors X millions d’euros sur des projets à financer dont on sait par avance que la majorité va échouer.

Parvenir à mettre en place ce programme nécessite donc une évolution dans l’état d’esprit des dirigeants. Ces derniers doivent prendre conscience que l’intrapreneuriat est non seulement un pari sur l’avenir, mais c’est un pari obligatoire pour s’ajuster en permanence à un monde en mouvement.

Révolution silencieuse qui se développe dans les grands groupes, l’intrapreneuriat n’est aujourd’hui plus considéré comme une mode ou une tendance éphémère.

C’est un acte stratégique qui doit accompagner la croissance des entreprises – et ce, quelle que soit leur taille. Et plutôt que d’attendre que les futurs révolutionnaires quittent vos rangs pour aller la faire ailleurs, autant leur dégager le terrain dès maintenant et faire la révolution avec eux ! 

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