L’Institut Sapiens vient de publier une étude sur le coût caché de l’absentéisme au travail, estimé à 108 milliards d’euros : https://www.institutsapiens.fr/le-cout-cache-de-labsenteisme-au-travail-108-milliards-e/

Un article des Echos à ce sujet : https://www.lesechos.fr/economie-france/social/0600196932574-france-le-cout-de-labsenteisme-au-travail-evalue-107-milliards-deuros-par-an-2223904.php#xtor=EPR-7-%5Bmatinale%5D-20181122-%5BProv_%5D-

– À l’échelle de la population active employée en France de 26 millions de personnes, l’absentéisme coûte plus de 100 milliards d’euros par an (107,9 milliards soit 4,7% du PIB), qui manquent aux entreprises, à l’Etat et, en bout de course, à la croissance française.

– le coût caché moyen de l’absentéisme s’établirait chaque année à 4.059 euros par salarié.

– L’absentéisme évitable a pour cause, dans le privé comme dans le public, dans 99% des cas, des défauts de management des personnes.

Les recherches montrent que les dysfonctionnements managériaux, sources d’absentéisme, s’enracinent tout particulièrement dans six domaines qui sont les leviers de la qualité de vie au travail : les conditions de travail, l’organisation du travail, la communication-coordination-concertation, la gestion du temps, la formation intégrée et la mise en œuvre stratégique (notamment les politiques de rémunération).

En effet c’est un sujet particulièrement préoccupant, 4000€ par salarié c’est plus d’un mois sur douze perdu (j’imagine difficilement pouvoir faire tourner ma PME avec 1/12 de ressources payées à ne rien faire !) D’autant plus que nous sommes dans un environnement mondialisé en mutation avec des acteurs émergeants agressifs qui n’attendent qu’une bonne occasion pour venir contester les entreprises françaises sur leurs marchés domestiques.

Si les causes de l’absentéisme au travail sont comme le souligne l’étude principalement liées au management (c’est par extension ce qui fait que nos enfants à l’école aiment ou non une matière et donc ont de bons résultats, à savoir une certaine forme d’affection pour leur professeur) les solutions ne sont pas forcément évidentes à mettre en œuvre (alors qu’elles sont clairement identifiées).

Je pense qu’il faut en effet rapprocher cette étude de celle de l’institut Gallup sur l’engagement des Français au travail qui indique que seul 6% des salariés Français sont engagés dans leurs travail (avant dernier rang du classement Europe de l’ouest) et que 25% d’entre-deux sont activement désengagés, c’est-à-dire qu’ils luttent contre leur entreprise  (avant dernier derrière l’Italie !). L’absentéisme est un moyen pour beaucoup d’exprimer ce désengagement, voir cette lutte tout en se refusant à considérer l’impact négatif que cela aura sur son équipe et son manager.

Alors comment faire ?

Et bien en agissant sur des actions permettant de réengager les collaborateurs de l’entreprise. Les moyens sont assez simples, ils s’appellent bienveillance, transparence, écoute, confiance, droit à l’erreur, soutien … bref tout ce qui permet à un collaborateur de se dire qu’il peut agir et participer à la construction de son avenir, et c’est là que les démarche ouvertes d’innovation, de collaboration et d’intrapreneuriat sont une des solutions à considérer.

En donnant voix au chapitre et surtout en concrétisant ce que les salariés apportent au travers de démarches collaboratives l’entreprise fait preuve d’une forme d’humilité à l’opposé de l’arrogance supposée des managers à l’égard des salariés. C’est un signal fort qui opère un changement progressif certes, mais réel dans les modes de management, donc dans la relation avec les salariés, créant un lien plus « intime » avec le manager direct, ce qui, comme cela se passe à l’école pour les élèves décrocheurs, réengage les collaborateurs et donc les incite à faire preuve d’une plus grande implication dans leur travail en équipe.